12.11.2008
Derniers commentaires : 12.11.2008 / 12h10 Chanmé l'application facebook !!... voir

GuÉrilla made in France : attaquer une catÉnaire sncf, c’est rÉvolutionnaire.

Vidéo Une nouvelle génération de militants autonomes, entre 20 et 35 ans, balaie la précédente. Rien à voir avec Action Directe qui fait fantasmer les journalistes nostalgiques. Moins formés, souvent plus paumés, leurs attaques de « caténaires SNCF » et autres systèmes de signalisation marquent leur « radicalisation des luttes ». StreetReporters vous explique pourquoi ils considèrent qu’attaquer un pylône en pleine cambrousse est révolutionnaire.

La culpabilité de la dizaine de personnes arrêtées hier matin sur le plateau de Millevaches, dans le XXe arrondissement de Paris et à Rouen, n’est pas confirmée. Mais la ministre de l’intérieur a déjà prévenu d’un regain de « terrorisme d’extrême gauche ».

Lorsque la France se réveille, samedi dernier, elle apprend qu’un « sabotage » a eu lieu contre 4 « caténaires ». Les dirigeants de la SNCF, comme le ministre des transports assurent qu’il s’agit bien de « saboteurs » qui ont utilisé des fers à béton pliés en forme d’accent circonflexe pour les neutraliser. En fait, samedi, alors que Guillaume Pépy, le président de la SNCF prend la parole, les enquêteurs sont déjà sur la piste des militants interpellés hier matin. 

Car les militants « autonomes »
(comme on les appelle, parce qu’ils n’appartiennent pas à une organisation ou un parti enregistré), qui se chiffrent en France à quelques centaines, restent tout de même connus, via leurs bulletins ou leurs sites internet. Et depuis 2 ou 3 ans, ce que le milieu appelle la « radicalisation des luttes » est codifié du côté ministère de l’intérieur par l’expression « montée en puissance d’un terrorisme d’ultra gauche dans la mouvance anarcho-autonome ».
Jean-Yves Camus: «Les gens dont on parle, c'est le Black Block des manifestations altermondialistes. Leur discours se focalise plus sur la France que sur l'international»
1. C’est qui ?
« Si l’on veut résumer, les gens dont on parle, c’est le Black Block des manifestations altermondialistes », explique devant la caméra de StreetReporters Jean-Yves Camus, chercheur à l’Iris. C’est eux qu’on a vus avec des cocktails Molotov place de la Bastille le 6 mai dernier, au soir de la victoire de Nicolas Sarkozy (les incidents avaient été très médiatisés), mais c’est aussi cette mouvance qui reprend à son compte (p.11)  les « pierres dans le système d’aiguillage, les incendies de systèmes électriques ou de câbles, les gares saccagées, les vols de clefs de locomotives, l’huile sur les rails ou les signalisations endommagées » sur les lignes TGV, pendant les grèves des transports de novembre 2007, et ensuite, sporadiquement, depuis le début de l’année.

Surtout, une succession d’attaques dont les médias classiques ne se font pas l’écho
, mais qui sont systématiquement signalés dans la mouvance : Exemple, fin avril, des activistes défoncent à la masse deux distributeurs automatiques d’une agence BNP dans le XIIe arrondissement de Paris. Motif : la BNP dénoncerait les sans-papiers aux autorités. Dans la foulée, ce sont les fenêtres de la Croix-Rouge qui volent en éclat (l’ONG accompagne les expulsions), ainsi qu’une Mercedes immatriculée corps diplomatique (motif : « contre tous les Etats »). Autres actions coup de poings : les attaques contre des permanences électorales tous partis confondus (là encore, aucun média n’aura enquêté du côté des autonomes – ils ne font pas de communiqués de presse et les actions ne sont pas signées), des incendies d’agences ANPE ou des destructions d’antennes relais TV ou mobile. Plusieurs fois depuis le début de l’année, des militants ont été arrêtés et traduits en justice pour détention de chlorate de potasse (pour la fabrication de fumigènes) ou de clous tordus.
recette---fumigenes-autonomes casseurs emeutes banluees manif
2. Qu’est-ce qu’il y a de si funky à s’attaquer à la SNCF ?
Les autonomes sont très impliqués sur la question des sans-papiers, du fichage (Edvige, puces RFID, etc.), des prisons ou du nucléaire. Evidemment, ils sont anticapitalistes, méprisent les partis et la démocratie bourgeoise ainsi que les syndicats qui deviennent des « ennemis de classe ». Sarko est aussi au centre de leur ligne de mire.
« Etrangement, leur discours se focalise plus sur la France que sur l’international », note le politologue Jean-Yves Camus (voir la vidéo) pour qui « leur niveau théorique a beaucoup baissé depuis 20 ans ». C’est vrai que certaines brochures, type A bas les restaurants peuvent faire sourire. Et que les militants se focalisent sur un combat national, contre l’état fasciste (« Elle est rance, ta France », p.6). La revue Asymétrie qui se présente comme une revue « anti-monde », est finalement avant tout anti-France dans sa prose.

Une fois le décor posé, on comprend mieux que s’attaquer à la SNCF, l’entreprise d’Etat par excellence, s’inscrit dans le cadre d’un bras de fer avec l’institution étatique. Elle s’inscrit aussi dans la lignée des sabotages ouvriers du début du siècle, même si ce ne sont pas nécessairement des cheminots qui y prennent part. Des « actes de sabotages sur les lignes à grande vitesse sur lesquelles se concentrent des flux de passagers de plus en plus importants entraînent immédiatement une paralysie d’une large partie du réseau et des pertes de thunes incroyables », se réjouit ainsi la revue Incendo (p9, mai 2008), éditée « par quelques AvignonnaisEs allergiques aux partis, syndicats et autres orgas ». Et n’en déplaise à Guillaume Pépy, le TGV n’est pas particulièrement considéré comme un truc écolo, mais comme une saloperie capitaliste qui défigure l’environnement.
sabotage-ligne-sncf-catenaire
--------ligne 50 PIX BLANC----------------
manuel---cocktail-molotov-ultra gauche autonomes sncf
3. Sur Internet, éloge du sabotage et manuels en ligne pour les militants qui veulent s’y mettre
« On n’entreprend pas sans danger de sortir de la légalité [car] la taule n’est jamais très loin… [mais] voilà, nous souhaitons à toutes et à tous un agréable sabotage ». Sur ce ton là, évidemment ça pourrait paraître funky… sauf que la revue belge Tout doit partir
livre 3 pages plus tôt la liste des entreprises (p.9) qui travaillent avec les centres de rétention ou les prisons (pour le nettoyage ou les sytèmes de communication des bâtiments, etc.).

Du côté d’Incendo, on se réjouit du retour de « Mlle Cizaille » qui sabote notamment… les caténaires SNCF. Des autonomes grenoblois vous donnent la recette pour détruire l’électronique des lecteurs de cartes RFID du réseau de transports en communs (coût estimé pour la régie municipale : 150.000 euros).

A Marseille, l’émission de radio Basse Intensité sur Radio Galère défend elle aussi le sabotage (écoutez ici). Sur son site, on trouve une foultitude de manuels de « sabotage ». Sabotage contre les caméras de vidéo-surveillance (voir les techniques très détaillées ici), sabotage en entreprise (introduction de virus dans les ordinateurs de votre société, par exemple), et carrément un manuel de sabotage très complet, au slogan motivant : « Vous voyez, le sabotage, c’est facile ». Vous apprendrez comment mettre le feu à un réservoir avec un cocktail Molotov ou le lancer sur un poste de police. Si vous arrivez en page 13, vous étudierez même les techniques élémentaires de coupure des réseaux téléphoniques.

Youpi, la guérilla urbaine a commencé, et je n’étais même pas au courant.
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manuel-grapin-telecom-ultra hauche sncf sabotage saboteurs

Johan Weisz

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17.11.2008 / 00h03


non

@christine : un des principes premiers énoncés dans les bulletins militants, est qu'il ne faut pas revendiquer les actions, pour ne pas focaliser sur une personne, ne pas risquer de personnifier un mouvement... d'où le nom "autonomes".

13.11.2008 / 04h36


BOOM

C'est marrant, l'état ne revient plus du tout sur les actions d'azf...qui étaient autrement plus techniques...voir technologiques...j'crois qu'ils ont mis le temps pour trouver quelqu'un de compétent à débrancher tout ça...ceci dit, les sommes ont été réglé...et ce dans le silence médiatique le plus total...une ptite bombe bien technique sur des installations publiques...ça fait toujours réfléchir...et ça gagne mieux qu'au loto...

BISOUS DES ILES
(post rédigé sous winair crack)

13.11.2008 / 01h11


Bidon...

Bidon le soi-disant manuel des activistes, c'est des extraits du "manuel de la cia, la politique d'intervention américaine au nicaragua", edité en 1985 aux éditions EPO.
Bla bla bla...

13.11.2008 / 00h44


MONSANTO International Company

Bonjour,
La "mouvance anarcho-autonome" est avant tout une création judiciaire récente de l'Etat français, bien pratique pour le gouvernement actuel très droitier (qui émarge clairement dans les plates bandes de Jean-Marie) à la fois comme repoussoir (vous avez vu comme ils sont méchants ces extrêmes-gauchistes anarchisants) et comme outil pour durcir la criminalisation de tout mouvement social, maintenant clairement qualifié de potentiellement terroriste (par exemple, manifester devant un centre de rétention devient donc un acte terroriste, comme le déclarait à demi-mot le gouvernement cet été).
Deux remarques face à ce phénomène :
-la même machination judiciaire est en place depuis quelques années en Italie, où l’Etat italien utilise à tour de bras l’outil antiterroriste local, à savoir l’accusation d’"association subversive", et mène régulièrement des coups de filets anti-anarchistes...
-Mitterand a instrumentalisé la montée de l'extrême droite française durant la décennie 80 comme épouvantail, avec succès (réelection de 88). Sans raccourci hasardeux, on peut tout de même se demander si on est pas en train de nous la jouer à l'envers ?
Au final, deux questions essentielles que ne posent ni l'article ni le politologue de service :
-à qui profite le crime, à savoir ici ce grand battage autour des grands méchants terroristes ?
-et qui sont les terroristes ? Ceux qui quotidiennement piétinent l'espoir d'un équilibre social et écologique mondial pour leur profit personnel, ou ceux qui cherchent comment sortir d'un monde où la prédation de quelques uns sur tous et de tous sur la nature est la règle immuable ?

12.11.2008 / 18h26


Ca serait ps des gars de montpellier qu'on fait ça par hasard ?

12.11.2008 / 17h38


ce qui m'étonne ds cette histoire, c que l'histoire du terrorisme annarchiste n'est pas marqué par l'assassinat de masse comme les islamistes ou même comme la bande à Baader. Les anarchistes du XIXème ciblaient clairement une personne (même un chef d'entreprise, pas forcément un militaire ou un flic) On ne les a jamais vu attaquer des tgv

12.11.2008 / 12h10


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